lundi 19 novembre 2012

Crise malienne: Connaître et comprendre le peuple Touareg

http://www.facebook.com/notes/moussa-dicko/conna%C3%AEtre-et-comprendre-le-peuple-touareg/320622057984071



Le conflit qui oppose actuellement l’armée malienne aux « rebelles touaregs » menace la stabilité et la paix dans la sous région. Depuis, le 17 janvier, date de reprise des hostilités, environ 1500 touaregs ont pris d’assaut les zones burkinabés qui font frontière avec le Mali, surtout celles plus proche du dit territoire de l’Azawad, soient les provinces du Soum, de l’Oudalan, et même le Yatenga. Pour cause, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad estime les causes touaregs mises en mal et souhaite que cesse ce qu’ils disent être « une guerre ethnique ». Cependant, on a beau tergiversé sur la question de ce conflit, on ne pourra le comprendre qu’en repassant en revue la civilisation touareg, la conception qu’ils se sont fait de l’espace appelé Azawad et sa volonté sécessionniste peu, voir pas voilé et cela de longue date.
Les touaregs sont une communauté linguistique qui vit dans le désert, sur les massifs sahariens. Ils se rattachent à la grande communauté berbères composée de paysans montagnards sédentaires, de paysans vivants dans les oasis et de nomades montagnards. Ils se trouvent des îles canaries à l’Egypte et de la Méditerranée au sud du fleuve Niger. Le tamashek est leur langue à tous. Au Mali, ils sont environ 1,7 % de la population et sont majoritaires dans la partie nord du pays équivalent aux 2/3 du territoire et qui regorge seulement 10% de la population malienne. Ce territoire est celui qu’ils appellent Azawad.
L’Azawad est la zone sahélo saharienne du Mali où cohabitent les peuls, les sonrhaï, les arabes et les touaregs. « Le pays touareg » du Mali comme l’appellent certains, fait frontières avec le Mali des noirs, la Mauritanie, l’Algérie, le Niger et le Burkina Faso. C’est l’équivalent des régions maliennes de Tombouctou, Kidal et Gao avec une partie de celle de Mopti.
Cette zone a été et reste un foyer des contestations et d’ambitions sécessionnistes avant et après la période colonialiste. De 1914 à 1916, nous rapporte Edmund Bernus, un chercheur de l’ORSTOM, les touaregs maliens ont levé « l’étendard de la révolte contre l’administration coloniale ». Ils furent de ce fait, les premiers africains de l’Ouest s’opposer « par es armes aux militaires français ». Il furent mâtés et ne le seront pas moins après leurs insurrections postérieures à l’accession à l’indépendance.
Le Mouvement populaire de l’Azawad réclame en vain la constitution d’un Etat touareg à partir de 1958. Sa base qui se trouvait à Kidal, sera le siège de ce qui fut appelé la « première rébellion touareg ». La révolte dure plus d’un an et la zone en sort appauvrie après la destruction de ses troupeaux mais reste néanmoins « dangereuse, interdite aux touristes. Les fonctionnaires maliens nommés dans cette région se considèrent comme punis, en exil » ajoute Bernus.  La famine des années 1970 causes de nombreuses fuites vers Niamey (Niger), Kano (Nigéria), Tamanrasset et Regan (Algerie). En mai 1990, deux années après la naissance du Mouvement populaire de libération de l’Azawad, une insurrection va naître avec de gens qui se battaient désormais dans des véhicules adaptés et avec un équipement de kalachnikovs et va aboutir aux accords Tamanrasset (1991) et au Pacte national (1992).  La guerre ne s’arrête pas pour autant. Sous Alpha Omar Konaré qui a incarné beaucoup d’espoirs pour la résolution de la question touareg, les choses vont à nouveau tourner au vinaigre Le Mouvement « Ganda Koy » (les « maîtres de la terre ») va faire son apparition. L’insurrection a lieu en 1996 et ses aboutissants n’ont été autres que les accords d’Alger signés en 2006 dont la crise actuel n’est que le fruit de l’échec de la mise en œuvre.
Aujourd’hui, la zone est prise en partie par quatre puissances, toutes aussi forte et armée. L’Etat malien d’un côté, l’Alliance du 23 mai, Alqaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA, né en novembre 2010). Si l’Etat malien et l’Alliance du 23 mai ont lancé depuis Alger un appel au cessez le feu le samedi 04 février 2012, le secrétaire général du MNLA, Bilal Ag Cherif, dans une interview donné au journal El Khabar le lundi 06, signifie que cet appel ne concerne pas son mouvement.
La guerre continue donc et tout le monde en pâti. Les touaregs réfractaires à cette guerre sont obligés de fuir. La cause, ils sont opprimés par les noirs maliens qui voient en eux des sanguinaires et ils sont aussi victimes de l’ostracisme de leurs frères touaregs qui sont dans la rébellion. Chez les touaregs « chacun doit rester à sa place, se conformer au rôle qui lui est dévolu sous peine d’exclusion » nous dit Bernus.

dimanche 18 novembre 2012

Lettres écrites du désert n°1


A Monsieur tout citoyen du monde,

Quel hommage feront nous d’autres hommes ?

Le mardi 24 juillet 2012, aux alentours de 19heures, des regards hagards sont « tournés » vers le Ghana. L’un des pays les mieux ancrés dans la démocratie en Afrique vient de perdre un grand homme d’Etat. John Atta Mills, président depuis trois ans et qui préparait sa candidature pour le deuxième mandat, meure de suite de maladie à l’âge de 68 ans. Des émissions et micros-trottoirs réalisés à cet effet montrent bien combien les gens étaient attachés à cet homme et croyaient en sa détermination à faire aller de l’avant son pays. Bien entendu, il y a toujours quelques boutades bien que masquées telles que celle de l’ex président JJ Rawlings qui est un peu son « rival politique ».

Mort et fier

Beaucoup d’hommes veulent mourir après des années de combats pour leur pays et mourir honorés par tous les hommes sensés. Ces combats, tout homme les tente d’une manière ou d’une autre mais ils ne sont pas si nombreux ceux qui y arrivent. Si aujourd’hui Atta-Mills est mort fier et rend ses concitoyens fiers de son combat, il n’a sans doute pas été le seul et ne le sera pas. Che Guevara, Martin Luther King, Hailé Celasie, Ahmadou Abdoulahi Dicko, Patrice Lumumba, Joseph Ki-Zerbo, Mohamed Ben Bellah, Yasser Arafat, John Kennedy,  Cheikh Anta Diop, Mamadou Dia, Amadou Kourouma, Franz Fanon, Massoud, sont entre autres, des hommes qui ne sont plus de ce monde mais qui resteront à jamais positivement gravés dans la mémoire collective, tant que la raison subsistera. D’autres, encore vivants tels que Alpha Omar Konaré, Nelson et Winny Mandela, JJ Rawlings, n’ont aucune crainte pour ce que le monde dira d’eux dans l’avenir à leur fils et petits-fils.

Des hommages regrettables ?

Aujourd’hui, osons le dire, il y a de nombreuses personnes qui ont peur de mourir. C’est une sorte de regret d’avoir vécu et une réelle crainte de la vie après la mort ou après leur mort. La vie après la mort, considérons-là comme étant l’au-delà, d’après les religions révélées. Si beaucoup craignent le feu de « djahan-nam » pour tout ce qu’ils ont fait d’inacceptable, certains sont aussi préoccupés par ce que nous convenons d’appeler « la vie après leur mort ». Quel regard veulent-ils que l’on porte sur eux. A l’instar de beaucoup, voire la plupart des chefs d’Etats africains de notre ère, le Burkina Faso abrite aussi des gens qui ont peur de l’avenir. S’ils ne craignent par le regard que les gens porteront sur leurs tombes, ils craignent le témoignage qui sera rendu sur leur sépulture ou encore, ils pleurent déjà toutes les nuits quand ils réfléchissent sur le regard qui sera porté sur leurs enfants à l’avenir.

Quel témoignage fera un peuple meurtri de son meurtrier ?

Il y a certains pays où tout le monde se regarde en chiens de faïence. Des peuples perpétuellement en conflit interne parce que malmenés par des baroudeurs dont le seul souci est le pouvoir absolu. C’est le cas d’un pays bien connu des lecteurs où les gens entrent par effraction dans l’histoire et se retrouvent sans espoir d’issues honorables malgré toutes les lois qui sont manipulées tous les jours pour des mandats ou des amnisties. Certains hommes d’Etats sont même passés d’un lit de malade un soir d’octobre au palais présidentiel, plutôt qu’à l’hôpital. Par conséquent, un peuple pourra témoigner que durant des années, longues et ennuyeuses économiquement et désastreuses politiquement, il a été le théâtre d’une merde presque parfaite dans laquelle « un malade » l’y a entrainé. Sans hypocrisie, sans langue de bois ni haine aucune, je témoigne que certains présidents d’Afrique, particulièrement le PF n’auraient pas dû être. Et vous, que dites-vous de votre président ?

Moussa N. DICKO, Fier Citoyen !

Société : Nos anciens meurent inquiets


Notre société, à l’instar de celles africaines, est en perpétuelle mutation. Elles se manifestent sur tous les plans dont le plus important est celui de l’éducation qui est un domaine essentiel parce ce que déterminant pour l’être et le devenir de toute société. En effet, l’éducation est une méthode par laquelle, on fait évoluer un individu vers un certain niveau d’émancipation. Son étymologie en dit mieux. Le terme vient du latin « edeucere » qui signifie faire évoluer. C’est dire que l’éducation consiste à faire passer d’un point «  A » vers un autre « B » plus élevé, comme nous l’instruit si bien le Professeur émérite Joseph Ki-Zerbo.
On le sait aussi, toute société éduque avec une conception d’un personnage type. Chaque société, a un personnage « robot », nous disent les anthropologues. Nous, nos sociétés, ont comme personnage « robot » un homme ou une femme épris de respect d’autrui, d’amour propre et d’esprit de sacrifice pour la patrie. A la question de savoir comment y arriver, une réponse aussi simple que pratique : le placement de l’enfant sous le couvert de la société entière. Le principe est clair, un enfant appartient à toute la communauté.
En quelques années, notre société a balayé ce principe faisant place à une vie dans laquelle, l’enfant n’appartient même plus à sa famille entière. Il n’est voué qu’à ses géniteurs. Dans certains cas même parmi ses géniteurs, il n’y a qu’un seul qui a de l’influence sur l’enfant. Il n’est pas rare de voir un enfant vociférer des menaces envers de vieilles gens qui lui reprochent telle ou telle chose. Très souvent la réaction est du genre, « tu n’es pas mon père » ou plutôt, « même mon père ne me parle pas ainsi ». Pourquoi en sommes nous arrivés là ?
D’où nous vient cette culture de l’individualisme ? La question mérite réellement d’être posée ! Cependant, une analyse simple de la situation actuelle nous fait comprendre que les nouvelles pratiques que nous déplorons sont surtout remarquables dans les villes et s’accentuent au fur et à mesure que l’urbanisme s’amplifie. Pis encore, les jeunes personnes instruites dans ces localités sont les plus touchés par cette crise de conscience qui met en péril nos valeurs traditionnelles.
Nous n’irons jusqu’à dire que l’école est responsable de ce qui arrive mais force est de reconnaître que pendant longtemps, nos écoles ont enseigné les cultures occidentales dans lesquelles l’individualisme est tant exalté. En effet, on nous a tous enseigné un certain libertinage qui a fait de certains d’entre nous des dangers pour notre culture. En plus, le système éducatif, plusieurs fois réformé dans une logique de « perfectionnement » par les pouvoirs publics, a fini par rendre ses produits dangereux. En faisant des élèves des intouchables vis-à-vis des enseignants, le système a formé des enseignants et leur a mis face à une force qui se dresse comme un adversaire alors qu’il devait occuper la place d’auditeur attentionné.
Quand ce n’est pas l’enfant formé par un système libertin qui cause problème, c’est très souvent ses parents qui ne suivent pas son évolution. L’enfant grandit sans un suivi et de ce délaissement grandit un être sans estime pour ce que le commun des éduqués modèles trouve de moral. Sa seule morale est celle qu’il acquiert dans la rue. Pourtant, comme on le dit souvent, la rue n’éduque pas, elle élève comme on élève les animaux. Dans cette liste, se trouvent des enfants de familles aisées qui bénéficient de tous les luxes et qui ne sont nullement suivis dans leurs actes ni conseillers dans ce qu’ils font.
Ainsi, nombreux sont nos parents qui sont aujourd’hui déçus de ce que sont devenus leurs enfants. D’autres encore, non moins importants, se plaignent de ne plus être en droit d’inculquer des valeurs à des enfants de leurs propres frères et sœurs parce que tout simplement, ils craignent des réactions vigoureuses de la part de l’enfant ou de ses parents.
Au regard de la délicatesse de la question et de la complexité de la situation dans laquelle elle se pose, il serait important et même essentiel de créer un cadre de concertation à travers lequel les valeurs sociales et sociétales des burkinabé en particulier et des africains en générale seraient à nouveau considérées comme bases de notre éducation et donc de notre développement.
L’éducation est le fondement de toute société car elle force l’homme en lui inculquant des valeurs de savoir-vivre, de savoir-faire et de savoir-être, c’est-à-dire une culture qui est marque d’une société. Il est temps que cessent les copies à outrance des sociétés occidentales au péril des nôtre. Vivement, que nos anciens cessent de mourir avec autant de regret !
Moussa DICKO

La FEDAP-BC va mettre le feu à Kossyam


« La modification de l’article 37 n’est pas interdite par notre constitution, car il ne figure pas parmi les dispositions non susceptibles de modifications énumérées au niveau de l’article 165 de la constitution. La FEDAP-BC respectera scrupuleusement les voies de décisions instaurées par la constitution » s’est exprimé Dr Bertrand Gaston SOUBEIGA, Président de la FEDAP dans une déclaration qu’il a signée au nom de son parti, pardon, de son association. Ainsi donc, ce qu’il partage le moins avec nombre de Burkinabé est la volonté de limiter le nombre de mandats présidentiels comme le prévoit la constitution en son article 37. Cependant, force est de reconnaître que lorsque l’on interroge les burkinabé, de toutes les couches sociales, la plupart de ceux qui partagent l’idée de cet éminent Docteur sont des personnes du troisième âge et de surcroît, ceux parmi eux qui ne sont pas instruits.
Les explications que ses partisans donnent c’est que Blaise est celui que tel personne « qui m’est chère » pour ses « cadeaux pendant la période électorale » ou toute autre forme de « générosité » soutient. On ne peut pas imaginer que la FEDAP-BC soit partisane de son icône Compaoré juste pour ses bienfaits ou pour des affaires familiales, voire ethniques à certains niveaux. Par contre, la majorité de la jeunesse burkinabé, des cadres et même des bonzes des partis majoritaires, CDP, ADF-RDA, etc. sont contre la modification de l’article 37 de la constitution en faveur de leur candidat habituel. Pour l’un des leaders des partis « je suis pro-Blaise mais contre le pouvoir à vie ». Comme lui, beaucoup d’autre, en tribune ou en cachette retourne leur casquette aux dirigeants desdits partis et mouvements qui sortent pour prononcer des incohérences contre la limitation des mandats présidentiels au Burkina Faso.
Une démocratie au modèle burkinabè, disent-ils. Erreur ! Ce que le président de la FEDAP-BC appelle « conspiration politico-médiatique ourdie par une certaine classe politique dont les intérêts sont aux antipodes des préoccupations réelles du peuple burkinabé », est un leurre. Par conséquent, d’une manière consciente ou inconsciente, sa structure et tous ceux qui militent de bon ou mauvais gré pour la relecture des textes en faveur du président actuel, militent simplement pour une mort politique de ce dernier à la façon de Tandja. Le Burkina n’est certes pas le Niger mais de plus en plus le burkinabé envie le nigérien qui tout au moins, croit de plus en plus que la démocratie et le respect des droits de l’homme tels que la liberté d’expression sont des valeur que l’on peut encore acquérir en Afrique.
Le second plan de la Fédération qui consiste à en arriver à un référendum si le CCRP ne parvient pas à un consensus sur la question est tout aussi injurieux que révoltante. Il faudrait alors conclure avec la Fédé que l’essentiel du CCRP est de permettre au président actuel d’être candidat en 2012. Même si pour le mentor de la FEDAP « la limitation du mandat présidentiel ne saurait se justifier étant entendu qu’il revient au peuple souverain de renouveler ou non sa confiance au Président du Faso. C’est pourquoi, pour nous, FEDAP-BC, compte tenu de la fixation et de l’intransigeance des positions des acteurs politiques sur cette question, le seul gage demeure le peuple qui doit être consulté à travers un référendum ».
A cette assertion, il faudrait peut-être se demander ce que cette fédération, ou son président entend par « peuple ». Les derniers événements survenus dans notre histoire, nous disent long sur point de vue du peuple sur le système en place. C’est le peuple burkinabé qui a boycotté le scrutin présidentiel dernier par désintéressement de la chose politique gérée de façon aussi caduque ; c’est ce même peuple qui s’est largement mobilisé et a, pendant des mois, contesté un système de gouvernance bâti sur l’impunité et l’injustice sociale. Ce peuple attend oreilles et yeux grands ouverts. « Gare à eux, s’ils touchent à l’article fétiche ».
Tout le monde a le devoir de songer à un avenir radieux pour le Burkina Faso. Aussi faut-il y penser sans hypocrisie ni complaisance ! Toute hypocrisie ou complaisance serait intolérable et ne sera pas tolérée. Ce que l’on souhaiterait le plus serait que les théoriciens de la mouvance présidentielle soient des conseillers pour la bonne cause et que leur idole qu’est le Président Compaoré puisse se rattraper. Il a déjà manqué à beaucoup de rendez-vous avec l’histoire et celle-là pourrait être la dernière. « Il n’y a pas de mauvais souverains, mais de mauvais conseillers », dit un adage africain. Il faudrait que l’entourage, disons les conseillers, sachent écouter et méditer longuement les paroles des anciens.

Ouatt DICKO

Ahmadou A DICKO, un digne fils du BF et de l'Afrique oublié


La Subdivision de Djibo devenue Cercle suivant l’Arrêté N°443/INT/N°A du 20 Aout 1958, a eu la chance d’abriter les premiers agissements pour l’indépendance de la Haute-Volta, voire de l’Afrique. Il est vrai que depuis longtemps la localité a entretenu une culture d’hostilité vis-à-vis de l’école à l’époque dite coloniale et même aujourd’hui, bien qu’à force de sensibilisations et de prise de conscience, les classes soient de plus en plus pléthoriques. Mais malgré cette culture, les quelques rares personnes qui y sont allés ont su d’une manière ou d’une autre marquer la mémoire du colon et ne sont pas pour autant connus dans leur propre province d’origine, pour lequel ils ont souvent tant fait. Pendant que l’on assiste ailleurs à la célébration de personnalités dites éminentes telles que Maurice YAMEOGO, Gérard Kango OUEDRAOGO, MOGHO-NABA Kougri, Ouezzin KOULIBALY, dans d’autres pays, Léopold Sedar SENGHOR, Fulbert YOULOU, on oublie que ce sont eux qui ont refusé l’indépendance à l’Afrique  en 1958 alors que dans le cercle de Djibo, plus précisément à FILIFILI, un jeune étudiant  de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (F.E.A.N.F) et membre fondateur du Mouvement Africain pour la Libération Africaine (M.L.N.) se serait élevé contre toutes les autorités de l’époque allant des chefs coutumiers, commandant de cercle qui était Robert GUILLO(22sept. 1958-22 nov. 1959), et au chef du gouvernement, à l’époque Maurice YAMEOGO. Cet homme dont aujourd’hui dans la localité seuls quelques anciens du RDA et quelques uns de ses amis et parents de son FILIFILI natal et environ, peuvent se souvenir pour le fervent opposant qu’il a été pour eux s’appelle AHMADOU ABDOULLAHI DICKO. Il laissa au monde et plus particulièrement à la jeunesse africaine un héritage dans un livre qu’il intitula Le journal d’une défaite : autour du référendum du 28 septembre 1958 en Afrique Noire, qui, comme lui-même l’a dit, est un « journal de lutte et d’espoir » et qui fut d’abord édité par DAG HAMMARKSJOLD FOUNDATION en 1967, puis par L’HARMATTAN en 1992 avec une préface de Joseph KI-ZERBO.
                                      Portrait  
Personne ne pourrait mieux décrire cet homme que l’éminent Pr JOSEPH KI-ZERBO, qu’il repose en paix. Voilà en long, qui était AHMADOU ABDOULLAHI DICKO à la plume de du professeur qui fit la préface Le journal d’une défaite : autour du référendum du 28 septembre 1958 en Afrique noire:
« Il était frêle ; presque fragile, comme ses congénères peuls accrochés à leurs troupeaux errant dans la steppe sahélienne rôtie  de soleil. Frêle, mais inflexible à la fatigue. C’était un homme simple d’allure, d’une élégance racée dans son costume européen et d’une simplicité prophétique dès lors qu’il revêtait le boubou africain de cotonnade. Le teint clair, le front haut, le visage d’une pureté ascétique, annonçait  un être dépouillé de  préoccupations mesquines. AHMADOU avait une intelligence lumineuse, à la fois limpide par sa rigueur analytique et dialectique par son aisance à sortir de toutes les embûches et à enfermer l’adversaire dans ses propres contradictions : un prince de l’esprit qui savait écouter sans interrompre et parler sans sobriété. Dans les innombrables débats d’une génération passionnée et libre, la parole de DICKO était rare et attendue. Le ton calme et doux savait s’élever avec ferveur lorsque l’essentiel était en cause. En effet, son intelligence n’était pas un microscope stérile et froid ; c’était un phare hissé sur une âme de feu. » Le professeur ajoute : « Dès qu’on était en sa présence, on captait l’aura d’un être consacré, dévoué : d’une générosité sans calcul, radical sans fanatisme, vigilante sans étroitesse de vue… Ce qui fascinait chez lui sans heurter, c’était cet équilibre rarement réalisé entre la perspicacité fulgurante de l’esprit, la sensibilité exquise du cœur aux problèmes d’autrui et l’élévation de l’âme vers la cime des grandes causes. Chez A. DICKO l’humilité personnelle ne fait que justifier et légitimer la fière intransigeance de ses grandes ambitions pour l’Afrique. Tel était cet homme, qui a pour ainsi dire traversé hâtivement les sentiers de la vie, sans avoir eu le temps se salir aux poussières du chemin. »
De sa mort, le professeur dira : « Un frère d’armes, un patriote africain pur et irréductible comme le diamant s’en est allé. »(cf. préface de Journal d’une défaite).
                              LA VIE D’UN GUERRIER

Officiellement,  AHMADOU est né en 1932 à FILIFILI de la famille royale. A l’époque, Dotoka, Baraboulé et Filifili constituaient un seul canton. La capitale était Dotoka, et étant donné que c’était la même famille, la chefferie était tournante. Lorsque le patriarche de Dotoka mourrait, le trône revenait au plus âgé des membres de la division de Baraboulé et celle de Filifili. Le père de AHMADOU se nommait DICKO ABDOULLAHI SALOU et sa mère FATOUMATA HAMMADOUM.
Il est inscrit à l’école de Djibo en 1939 où il fait les seules classes de CEP1&2 et CE1, période pendant laquelle il perdit sa mère qui l’assistait à Djibo pour sa scolarité. Pour les classes de CE2 au CM2 il fallait aller les faire à Ouahigouya où il obtient son CEPE en 1945 après quoi, c’était l’étape de Bamako, la capitale. En effet, comme on le sait tous, à cette époque-là, la Haute-Volta n’existait pas et notre le Jelgooji relevait du Mali. De retour à FILIFILI son père refuse, la rentrée venue, de le laisser repartir pour ses études alors qu’il devait passer le test d’entrée à l’Ecole Primaire Supérieure (E.P.S) de Bamako, qui s’est changée plus tard en Lycée TERRASSON DE FOUGERE avant d’être aujourd’hui l’établissement que l’on appelle aujourd’hui le Lycée Askia Mohamed. C’est grâce au nouveau directeur de l’école de Djibo qui se nommait Noumountché KONE que le jeune homme réussit à partir pour Bamako. Le directeur de l’école aurait menacé de dénoncer ABDOULLAHI à l’administration s’il ne laissait pas son fils aller continuer ses études. C’est ainsi que AHMADOU arrive à Bamako et trouve que le test était déjà passé. Par chance il rencontra un de ses enseignants nommé BOUGOURAOGO OUEDRAOGO qui, connaissant ses mérites, lui fit inscrire en classe de sixième. Noter que ce Bougouraogo OUEDRAOGO est celui qui a été le premier ministre de l’information du Burkina Faso. AHMADOU se distingua en devenant major de sa promotion les quatre années qu’il y fit. Après avoir obtenu son BEPC en 1949, il dût aller continuer ses études à Dakar au Lycée Van VOLHOVEN aujourd’hui appelé Lycée Lamine GUEYE. Il étudie alors à Dakar jusqu’à obtenir son Baccalauréat en 1952 et est admis à l’Université de Toulouse où il adhère à la F.E.A.N.F et y était honoré pour ses écrits et conférences qu’il donne et surtout à l’occasion de la commémoration aux 21 février de la journée de solidarité anticolonialiste. Il participe à l’assemblée constitutive du M.L.N avec JOSEPH KI-ZERBO, ALBERT TEVOEDJRE et CHEIKH HAMIDOU KHANE, entre autres. Courant 1958, alors qu'il préparait une thèse de doctorat en Lettres d'espanol, avec les crises qui éclatent en Afrique entrainant le retour de CHARLES DE GAULLE au pouvoir en France, ces étudiants reviennent en Afrique pour militer pour l’Indépendance immédiate de l’Afrique par le vote du > au référendum du 28 septembre proposé par DE GAULLE. Dans un climat tendu, où les dirigeants politiques sur place étaient acquis à la cause des colons, si corrompus soient-ils, AHMADOU ABDOULLAHI DICKO fut le seul parmi ceux cités plus haut à venir au BURKINA FASO contre des chefs politiques comme Maurice YAMEGO, Ouezzin KOULIBALY, Gérard KANGO, religieux, et même coloniaux à l’exemple de Robert GUILLO, commandant du cercle à l’époque, pour faire la campagne du >. Il parcoure son DJELGOODJI natal, Ouahigouya, Ouagadougou la capitale politique, et Bobo-Dioulasso celle économique. Des meetings, des conférences et des tête-à-tête avec des hautes personnalités de l’époque. Il repart pour Toulouse le 07 novembre 1958 avec un échec forgé par des gens comme MAURICE YAMEOGO. Mais de cette tournée, il lègue aux générations d’historiens une œuvre intitulée Le journal d’une défaite : autour du référendum du 28 septembre 1958 en Afrique Noire. Dans les débuts de la décennie 1960 il revient au pays et enseigne deux ans au Lycée Municipal de Bobo. Il est atteint d’un cancer de vessie, puis, envoyé à l’hôpital Necker à Paris, il est ramené à l’hôpital de Bobo non soulagé et y succomba le 04 mars 1962. Il repose aux cimetières municipales de Bobo dans le quartier de Dioulassoba depuis cette année-là et son œuvre demeure jusque-là méconnue de ses proches, les jeunes Djibolais et même beaucoup de ceux qui font des recherches sur la localité. Le Pr KI-ZERBO y est allé plusieurs fois dont une fois avec sa femme Jacqueline. A ma visite de FILIFILI le samedi 28 aout 2010 je constatai combien ces paysans qui n’ont jamais été l’école et qui ont été mis à l’écart par l’administration même actuelle, connaissaient Joseph KI-ZERBO mieux que bon nombre de nos étudiants d’aujourd’hui.




MOUSSA DICKO, Historien-Archéologue.

Contact : +226 71 22 18 52    ;  e-mail : nibelche@yahoo.frhttp://www.facebook.com/pages/Ahmadou-Abdoullahi-DICKO/136946829708523http://www.lefaso.net/spip.php?article37421

Commémoration de la Journée mondiale du Réfugié Le Burkina Faso se mobilise à Mentao Sud


« Une seule famille divisée par la guerre, c’est déjà trop. » C’est sous ce thème que la Communauté internationale a commémoré la Journée mondiale du réfugié. Le Burkina Faso, qui depuis les derniers jours de janvier 2012 reçoit de nombreux réfugiés venu du Mali, n’est pas resté en marge. Au plan national, c’est dans le Soum, à Djibo, et plus précisément le Site de Mentao Sud qui a accueilli les festivités commémoratives. Le Ministre des Affaires étrangère du Burkina Faso, Djibril Y. Bassolet, accompagné du Ministre malien de l’Action Humanitaire, de la Solidarité et des Personnes Agées, Dr. Mamadou Sidibé, et de celui de la Famille, de la Promotion de la femme et de l’Enfant, Mme Alwata Ichata Sahi, sont venu manifester leur sympathie aux réfugiés maliens qui y vivent et rendre hommage aux hommes, femmes et enfants du monde entier, qui jour et nuit marchent à travers les chemins, fuyant la guerre et l’humiliation qui l’accompagne. Au cours de la cérémonie, plusieurs personnalités ont été entendues et ont signifié combien cette journée est salutaire. Mme Sahi a remercié le Burkina et les partenaires tels que le HCR pour leurs efforts aussi bien dans la médiation que dans l’accueil et le soutien apporté aux réfugiés maliens. Elle dit également travailler avec tout le gouvernement de Modibo Diarra pour un retour de la paix, afin que ces nombreux exilés rejoignent leur terre d’origine car, précise-t-elle, « on n’est bien que chez soi ».

Réfugiés dans le monde

Selon un rapport de l’UNHCR, huit personnes au monde fuient leur pays tous les jours à la recherche d’asile pour raisons de guerre. Aussi, l’an 2011 a été l’année la plus calamiteuse depuis 2000 en faisant plus de 800 000 réfugiés dans le monde (voir lien : http://unhcr.fr/4fdb2f5f6.html). Dans un autre rapport intitulé « The State of the World’s Refugees: In Search of Solidarity » (Les réfugiés dans le monde : en quête de solidarité) publié par le HCR, il ressort qu’en « début 2011, des dizaines de millions de personnes — dont 33,9 millions relevant de la compétence du HCR — sont donc particulièrement vulnérables. La plupart sont exposées aux conflits armés et à la violence politique à l’intérieur de leur communauté ou de leur pays d’origine : civils pris dans des conflits, réfugiés, demandeurs d’asile, réfugiés en situation prolongée et personnes déplacées à l’intérieur de leur pays (déplacés internes). Ces dernières années, les déplacés internes étaient les plus nombreux à bénéficier de la protection et de l’assistance du HCR — 14,7 millions pour 27 pays début 2011, mais leur nombre total pourrait s’élever à 27,5 millions en raison des conflits. L’agence œuvre également au bénéfice de 10,5 millions de personnes réfugiées à cause des conflits. »
En un mot, autant le dire, le monde inonde de réfugié et l’heure est plus que jamais à la nécessité de la recherche de solution qui impliquerait toutes les couches sociales de toutes les sociétés du monde.

Sauvons le monde

Alors que les prévisions promettent que de nouveaux dangers guettent le monde, il y a peu d’espoir à l’horizon. Le rapport de du HCR prévoit que dans les dix prochaines années, les catastrophes naturelles vont causer des déplacements par millions à cause du phénomène de changement climatique. Au même moment, la conférence de Rio+20 tant attendu par les écolos ne promet pas des retombées positives. Pour beaucoup de défenseurs de l’environnement, l’heure est à la recherche d’autres moyens de sauver la planète et même l’ONU de la corruption des grandes puissances qui font d’elle le tremplin des bourgeois industriels peu soucieux des dangers encourus.
Les crises sociales, politiques et religieuses, voire l’apatridie, sont autant d’autres mots dont les exemples ne sont plus tirés des livres d’histoire. Les pays s’entredéchirent et chaque partie se donne une raison de sévir. Dans le cas du Mali, l’Etat d’un côté, les sécessionnistes de l’autre, les djihadistes aussi. La population, prise au piège par « la tyrannie » ne sait plus à quel saint se vouer.
Il faut absolument que les choses changent positivement, et à tous les niveaux. Nous ne pouvons changer le monde qu’en changeant les hommes et chacun peut le faire. Nous avons des frères et sœurs, nous avons des amis, nous devons accepter de nous ouvrir à des débats constructifs.

Des démons de l’époque des indépendances

L’Afrique est plus que jamais déchirée par des guerres ethniques 127 ans après la conférence de Berlin, date de son « partage officiel ». Durant les années soixante, pendant que les indépendances se préparaient, les élites et autres leaders politiques étaient divisées sur les priorités : « indépendance d’abord, unité ensuite » ou alors « union, puis indépendance ». Les « indépendances » eurent lieu mais aujourd’hui encore on cherche l’union, ou je dirai, l’unité. Les choses vont de mal en pis et l’avenir est …

Edito n°001


Dans les années antérieures, on a vu sur le marché, des boîtes de sardine, de tomates, des paquets de biscuits, et bien d’autres produits de consommation, vendus par des commerçants véreux ou inconscients à des citoyens tout aussi analphabètes ou insouciants alors que les dates de péremptions desdits produits étaient dépassées de plus de trois mois. Aujourd’hui, plus que jamais le problème inquiète et devrait interpeller les autorités et bureaux en charges des contrôles. Sur le marché djibolais qui ne cesse de grandir et de rendre fier ses fils, se trouve aujourd’hui encore un stock d’une eau dite minérale beaucoup consommée, de la marque « Noura » périmée depuis le 11 février 2011.
Djibo, la ville carrefour, animée par des hommes et des femmes qui, du mercredi au mardi et de 0h à 24h, la traversent du Nord au Sud et d’Est en Ouest est en passe d’être dangereuse. Dans ce fluent marché où chacun s’achète quelque chose, de telles pratiques pas catholiques, ni même animistes semblent autorisées. Ce n’est pas le lieu d’évoquer tous ce que s’y fait de mal, mais il faut bien commencer par un mal et pas des moindres.
La belle cité du Jelgooji doit cesser d’être ce que je considère, pour le moins comme étant une presque poubelle, un dépotoir.  Autrement, comment pourrait-on tolérer de tels actes ?
Autant le dire, tout le monde doit agir. Sinon, c’est nous qui payeront les peaux cassées. Les différentes marchandises comportent toutes des dates de péremption pour que ces dernières soient bien respectées et cela doit se faire sur tous les marchés. Comment comprendre qu’une maison comme Noura, qui siège à Karpala, un quartier de Ouagadougou et qui continue de fonctionner envoie son stock d’eau périmée sur notre marché ? Comment nos commerçants l’ont-ils accepté ? Comment les populations, et même les plus alphabétisées acceptent-elles de consommer de telles eaux ?
Autre chose non moins inquiétant, si pour certains sachets Noura ou pas, les délais sont dépassés, pour d’autres, aucun délai n’y figure. Vous saurez tout simplement lire « à consommer avant 3 mois » ou encore « à consommer avant la date ci-contre » sans qu’il n’y en ait une.
Que chacun prenne ses responsabilités pour éviter qu’on ne se fasse du mal !!!